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[Traduit par Catherine Muller-Sautreau, Chatterie d'Ailuropus]
Par le Dr. Ingrid Putcuyps, vétérinaire, 2005. Qu'est-ce que la polykystose rénale – PKD?
La PKD est une maladie héréditaire affectant les reins, qui induit la présence de kystes dès la naissance, en général sur les deux reins. Ces kystes sont des cavités remplies de fluide venant des tissus sains du rein. Chez les chatons, ces cavités sont le plus fréquemment de très petite taille (1 à 2 mm). Au fur et à mesure que l'animal vieillit, la taille de ces cavités augmente, pouvant même atteindre plus de 2 cm. Il peut y avoir de 20 à pas moins de 200 kystes sur un seul rein. Les races concernées par la PKDLes Persans constituent la race la plus touchée. Dans la mesure où cette race a été et continue d'être la plus utilisée pour des croisements, on observe des cas de PKD dans d'autres races également. Les races qui ont été croisées avec le Persan sont: l'Exotic Shorthair, le Selkirk Rex, le British Shorthair, le Scottish Fold, le Birman, le Ragdoll, l'American Shorthair, le Devon Rex et le Maine Coon. Par le passé, le Persan a également été utilisé avec le Chat des Forêts Norvégiennes, le Sphynx, l'Oriental Shorthair, le Cornish Rex, l'Abyssin, le Somali, le Manx et le Burmese, ce qui explique que l'on rencontre également des cas de PKD dans ces races. Les symptômes de la PKD
Le fait qu'un chat soit malade ou non à cause de sa PKD dépend de la taille et du nombre de kystes dans ses deux reins. Un chat présentera une insuffisance rénale (diminution de la fonction rénale) si les kystes occupent trop de place dans ses reins, au détriment des tissus sains. Quand il n'y a plus assez de tissus rénaux sains, les reins ne peuvent plus fonctionner normalement et le chat présentera des signes de la maladie. Les premiers symptômes apparaissent généralement entre 3 et 10 ans, mais, dans certains cas, leur apparition est plus précoce. Traitement de la PKDA ce jour, on ne dispose d'aucun moyen pour prévenir le développement d'une PKD ou pour empêcher la croissance des kystes. A titre préventif, la seule option serait de retirer tout chat PKD positif des programmes d'élevage. On ne peut envisager de traitement que lorsqu'un chat présente des signes d'insuffisance rénale. Les animaux déshydratés et/ou qui vomissent devraient être mis sous perfusion pour quelques jours. Une fois que l'état du chat est stabilisé, une alimentation spécifique pour chats ayant des problèmes rénaux constitue la majeure partie du traitement. Ces aliments de prescription contiennent une plus faible proportion de protéines et de phosphore que l'alimentation ordinaire. Pour les patients sévèrement atteints, le vétérinaire peut décider de prescrire en outre des inhibiteurs de cardialgie, une supplémentation en calcium ou des antibiotiques, si nécessaire. Les propriétaires motivés peuvent faire eux-mêmes les piqûres hypodermiques à domicile. Diagnostic de la PKD
Récemment, le gène responsable de la PKD chez le chat a été isolé par des chercheurs américains. La mise sur le marché d'un test, jugé très fiable, a été effectuée. On peut déterminer si un chat porte ou non cette mutation causant la PKD à partir d'un prélèvement buccal ou sanguin. A ce jour, le test n'est développé que pour les Persans et les Exotic. Un test ADN ne fournira aucune information sur la taille ou le nombre des kystes. Le test ADN est particulièrement utile pour les animaux très jeunes, car ils peuvent présenter des kystes si petits qu'une échographie ne permettra pas de les détecter, ou pour les animaux dont le résultat échographique est douteux (un animal avec un kyste sur un seul rein par exemple).
Pour vérifier si un chat atteint présente déjà une insuffisance rénale, il faut faire un bilan sanguin et urinaire. On observe des écarts par rapport aux normes uniquement si les 2/3 des tissus rénaux sont déjà atteints. L'analyse sanguine mesurera les taux de globules rouges (trop bas), d'urée, de créatinine et de phosphore. Ces trois dernières substances sont présentes en quantités anormalement élevées dans le sang si les reins fonctionnent mal. L'analyse urinaire mesurera aussi ces concentrations (trop basses si les reins fonctionnent mal) et vérifiera s'il n'y a pas de traces d'infection urinaire ou de pertes de protéines dans l'urine. Le mode de transmission de la PKD
Un chat a 38 chromosomes, qui vont par paires (donc 19 paires): chaque chromosome existe en deux exemplaires (chacun vient d'un des deux parents). Les chromosomes sont le support des gènes. Un gène détermine certaines caractéristiques, comme, par exemple, la couleur du pelage ou la forme du rein. Chaque gène est aussi présent en deux exemplaires. A un moment donné, une erreur peut apparaître dans un gène et entraîner une anomalie dans le corps (comme, par exemple, la formation de kystes sur les reins). Quand cela se produit, on parle de mutation. Cette mutation peut être transmise aux chatons.
Que puis-je faire en tant qu'éleveur?Avant toute chose, il est important d'identifier les animaux PKD positifs par échographie (ou, dans le futur proche, par test ADN). Un vétérinaire expérimenté peut être capable de détecter des kystes sur les reins d'un chaton de 8 à 12 semaines. Cependant, chez un chaton si jeune, il n'y a aucune garantie qu'il est exempt de PKD si on ne voit pas de kystes à cet âge. Il reste toujours possible qu'il déclenche une PKD par la suite. Un diagnostic définitif peut être posé quand le chat a 1 an ou plus. A l'issue du test, le propriétaire reçoit un certificat avec le nom du chat et son numéro d'enregistrement. Il faudrait faire l'effort de faire identifier tous les chats de reproduction par puce électronique. |
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